Jules Prudhommeaux Papers

Biographie

Jules-Jean Prudhommeaux naquit en 1869 à Chevennes (Aisne). De 1879 à 1888 il a fréquenté le lycée de la ville de Nîmes, où il est revenu en 1899 comme professeur agrégé. Dès l'âge de dix-huit ans, il collabora à la fondation des Jeunes Amis de la Paix à Nîmes.
Il était élève de rhétorique supérieure au lycée Henri IV à Paris 1889-1890 et après son service militaire, il a obtenu à l'Université de Lyon la license ès lettres, et en 1896, dans un bon rang, l'agrégation des lettres. De 1896 à 1909 il a été professeur aux lycées de Montluçon, Nîmes et Sens.
À Sens il était secrétaire et administrateur de la coopérative l'Économe. À Versailles il devint membre de la coopérative locale. Il était cependant membre du comité de rédaction de la revue de l'École de Nîmes l'Émancipation ainsi que, depuis 1904, secrétaire de l' Association de la Paix par le Droit .
Son mariage avec Marie-Jeanne Dallet , une nièce de la deuxième femme de Jean-Baptiste Godin , le fondateur du Familistère de Guise)*, l'avait amené à s'occuper étroitement du Familistère. Il représentait les interêts de la famille en sa qualité de membre du conseil de gérance de l'association.
En 1902 son fils André Jean Eugène Prudhommeaux était né, qui serait plus tard un anarchiste radical et publiciste bien connu, de qui les archives très étendues sont également acquises par l'IISH.
Specialisé dans l'étude de l'histoire des doctrines sociales, Jules Prudhommeaux a été reçu docteur ès lettres, avec la plus haute distinction (mention très honorable) en 1907. Ses deux thèses de doctorat ont eu pour sujet le communisme icarien de 1848 et l'histoire des colonies icariennes, fondées par Étienne Cabet aux États-Unis. Réunies sous un titre: 'Icarie et son fondateur Étienne Cabet ', les deux thèses font autorité sur le mouvement d'idées auquel elles sont consacrées. Elles ont fait l'objet d'un rapport particulièrement favorable d'Alfred Espinas, president de l'Academie des Sciences Morales et Politiques.
Après la guerre, en 1919, il fut secrétaire général du Centre européen de la fondation Carnegie, une organisation pacifiste dont il fut bientôt le directeur général adjoint, puis le directeur. Il était membre de la Société d'études coopératives en 1921. Il fut secrétaire général de l'Association française pour la Société des Nations et aussi secrétaire général de l' Association de la Paix par le Droit .
De 1936 à 1939, Jules Prudhommeaux avait participé aux travaux du Comité français du Rassemblement Universel pour la Paix (RUP). Il était aussi le président de la section de Versailles de la Ligue des Droits de l'Homme. Tout compte fait il était fondateur et membre de l'Association des Amis de la Coopération en 1946. Il mourut à Versailles en 1948.
Son héritage est un oeuvre de publications très considérable. Ci-joint un choix réprésentatif de ses publications:
'Le Familistère illustré'. 1900.
'Coopération et Pacification'. 1904.
'Les essais fouriéristes en France et à l'étranger'. S.d.
'Une société communiste aux États-Unis: Amana Community (Iowa)', publié dans l'Almanach de la Coopération. 1906.
'Icarie et son fondateur Étienne Cabet '. 1907.
' Étienne Cabet et les origines du communisme icarien'. 1907.
' France et Allemagne. La course à l'abîme'. S.d.
'Un siècle de communisme expérimental aux États-Unis'. 1912. 'Les Expériences sociales de J.-B. Godin '. 1919.
' La Réforme parlementaire et constitutionelle'. 1926.

Les archives et l'inventaire

En 1976 une part des archives de Jules Prudhommeaux est acquise par l'IISH de sa belle-fille Dora Ris , la veuve de son fils André Prudhommeaux , mouru en 1968. Les archives contenaient le sédiment de ses recherches pour ses publications concernant des colonies et des communautés aux États Unis et dans quelques pays latino-américains, pour ses publications sur Étienne Cabet et pour ses publications concernant des coopératives en France , en Belgique et en dehors. Outre les archives aussi des livres et des périodiques très rares, ainsi qu'une très grande quantité des photographies concernant les mêmes sujets, mais aussi concernant des Maisons du Peuple Belges et concernant l'employeur éclairé hollandais Van Marken , sont acquis par l'IISH. Ceux ont reçus une place dans la bibliothèque, respectivement dans le département audiovisuel de l'IISH.
En 1987 en même temps avec l'acquisition des archives d' André Prudhommeaux l'IISH a reçu un supplément substantiel aux archives de Jules Prudhommeaux , contenant surtout des documents relatifs au Familistère de Guise et son fondateur J.-B.A. Godin . En outre ce supplément contenait le sédiment de ses activités en sa qualité de gérant du Familistère, mais aussi de ses affiliations et directions d'organisations sociales et une petite part de la correspondance personnelle.
Après l'achat de 1976, une part de la collection fut séparée des autres documents et transformée en une collection documentaire connue sous le nom 'Communities and colonies in the Americas', dans quelques cas suppliée incidemment avec des documents plus récents. Bien qu'avant la cession en 1976 ces documents ont étés probablement une collection également séparée, ils sont integrés dans les archives, puisque Jules Prudhommeaux utilisait cette collection dans le cadre de ses recherches d' Étienne Cabet . Ils sont classés dans la rubrique communautés aux États-Unis (inv.nos. 53-84).
Le classement principal des archives connait des rubriques généralités, vie privée et vie publique. Les documents concernant les activités de Jules Prudhommeaux en sa qualité de gérant ont étés classés dans la rubrique vie publique, ainsi que les documents relatifs aux publications concernant le Familistère et J.-B.A. Godin , pendant que les documents, qui sont évidemment une partie des archives du Familistère et de J.-B.A. Godin lui même, ont étés classés dans une catégorie séparée.
Après une séparation ultérieure de brochures et d'objets iconographiques l'ensemble de ces archives occupe 1.75 m. de rayonnage.

LITTÉRATURE

Maitron, J. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français. Paris . Le coopérateur de France , 14 février 1959.
)* Jean-Baptiste André Godin , industriel français (Esquehéries, Aisne, 1817 - Guise 1888), fils d'un serrurier, créa en 1859 un établissement industriel pour fabriquer des appareils de chauffage en fonte, qui devint, à sa mort, la copropriété du personnel, sous le nom du Familistère de Guise.